Mauritanie: des indicateurs économiques moins reluisants

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L’économie mauritanienne ne se porte pas très bien, comme d'ailleurs toutes les économies reposant sur les rentes minières ou pétrolières. C’est en substance ce que révèle le rapport de mission de l’équipe du Fonds monétaire international (FMI) qui vient d’achever une mission dans le pays.

Le 24/02/2016 à 17h14

La Mauritanie a enregistré 2% de croissance du Produit intérieur brut (PIB) au cours de l’année 2015, contre 6,6% en 2014, selon un constat établi par une mission du Fonds Monétaire International (FMI) conduite par Mme Mercedes Vera Martin, qui a achevé mercredi une visite de 3 semaines à Nouakchott.

Cette mission s’inscrit dans le cadre des consultations annuelles au titre de l’article IV des statuts de l’institution financière internationale.

«La croissance non-extractive du PIB est estimée à 3,1% et l’inflation moyenne annuelle autour de 0,5% en raison des prix mondiaux des denrées alimentaires moins élevés», note le rapport de mission.

Au cours de sa présence en Mauritanie, Mme Martin et ses compagnons ont examiné avec le gouvernement «les évolutions macroéconomiques les plus récentes et les perspectives de l’économie nationale». Ce ralentissement drastique de l’économie mauritanienne intervient «après plusieurs années de solides performances économiques».

Avec ce nouveau contexte, la Mauritanie «est confrontée à un choc sévère sur les termes de l’échange en raison de la baisse des prix du minerai de fer qui a affaibli sa performance et ses perspectives économiques», selon les experts du FMI.

Les autorités ont initialement mis en œuvre des politiques contra-cycliques en utilisant des «amortisseurs extérieurs et budgétaires accumulés au cours des années fastes».

Cependant, le choc se révélant plus long que prévu initialement, «les autorités ont commencé à ajuster leur politique en 2015 en permettant un taux de change plus flexible et en adoptant des mesures visant à renforcer les recettes fiscales».

Avec des revenus miniers moindres, le déficit budgétaire s’est creusé davantage en s’établissant à 5,6% du PIB non extractif, après 4,1% en 2014, malgré des revenus plus élevés imputables aux recettes pétrolières domestiques et les mesures proactives des autorités visant à contrôler les dépenses courantes.

Autre facteur inquiétant, la dette publique et celle garantie par l’Etat est estimée à 93% du PIB en 2015. Un niveau globalement jugé élevé.

Le ralentissement économique a également affecté le secteur financier. Le système bancaire reste certes capitalisé et liquide. Toutefois, le niveau de la liquidité est en baisse et le secteur est relativement vulnérable aux chocs.

Le déficit du compte courant extérieur qui bénéficie du prix bas du pétrole, est estimé à 19% du Produit Intérieur Brut (PIB) en 2015.

Par Cheikh Sidya
Le 24/02/2016 à 17h14