Sénégal: la menace terroriste prise très au sérieux

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Les autorités sénégalaises prennent très au sérieux les nombreuses alertes à Dakar et multiplient les contrôles tout en renforçant les moyens humains et matériels de la police.

Le 02/02/2016 à 15h56

Il ne se passe pratiquement pas un jour sans que les sites d’information ou les journaux ne lancent une alerte à la menace terroriste sur Dakar. Et le président Macky Sall, lui-même, a déclaré, en marge du dernier Sommet de l’UA à Addis Abeba, que «le Sénégal, n’est pas certes menacé par les djihadistes, mais il n’est pas non plus à l’abri d’une attaque terroriste à l’image des autres pays de la sous-région».

Pour parer à toute éventualité, l’Etat a considérablement renforcé la sécurité dans les axes stratégiques de la capitale et les lieux très fréquentés, tels que les hôtels. Ainsi, depuis quelques semaines, une fouille minutieuse est effectuée par les forces de sécurité à l’entrée des grands hôtels, notamment sur les véhicules. Un dispositif qui rassure autant qu’il crée la psychose chez les populations et les étrangers.

Le quotidien dakarois «Libération» révèle dans sa livraison de ce mardi 2 février que deux terroristes présumés ont été interceptés par la Division des investigations criminelles (Dic) et mis à la disposition du parquet, après avoir été interrogés durant plusieurs jours.

Ces arrestations font suite à celle d’une demi-dizaine de personnes, il y a quelques mois, dont un imam, «en lien avec le terrorisme». Il y a une semaine, le ministère de l’Intérieur et de la sécurité publique avait annoncé, dans un communiqué, l’arrestation de 900 personnes à Thiès et à Dakar dans le but de «prévenir la menace terroriste».

«Comme l’a dit le président de la République, le Sénégal est aujourd’hui menacé par le terrorisme», reconnait le colonel Abou Thiam, directeur de l’information et des relations publiques des forces armées sénégalaises (DIRPA).

Selon lui, les djihadistes en voudraient au Sénégal principalement pour ses positions diplomatiques sur la scène internationale (une condamnation sans réserve du terrorisme), son engagement militaire au Mali et sa tradition de tolérance. Pour faire face à cette menace, les forces de sécurité travaillent «en synergie» sur le double objectif (prévention-réaction), indique le colonel Thiam.

«Nous sommes en état de veille permanente», dit-il, appelant les médias à communiquer de manière responsable sur la question.

Le gouvernement prévoit, en outre, de recruter 2600 policiers en 2016 pour renforcer la sécurité.

Toujours pour mieux se préparer à faire face aux organisations extrémistes, le Sénégal organise, à partir du 9 février, des manœuvres militaires avec les forces armées américaines et celles d’une trentaine de pays.

Par Ibrahima Diallo
Le 02/02/2016 à 15h56